Il va de soi que l’éducation est un ingrédient essentiel pour améliorer la vie des enfants, des familles, des communautés et des nations. Les nations qui se préoccupent du bien-être de leurs enfants ont de bonnes chances d’afficher des améliorations au niveau de leurs économies, de leurs cultures et de leurs sociétés au fil du temps. Par contre les nations qui ne s’intéressent pas à leur jeunesse seront confrontées à la stagnation économique, à la pauvreté et à l’oppression. En deux mots, l’éducation est un élément non négligeable pour le développement économique et social.

Il va de soi que l’éducation est un ingrédient essentiel pour améliorer la vie des enfants, des familles, des communautés et des nations. Les nations qui se préoccupent du bien-être de leurs enfants ont de bonnes chances d’afficher des améliorations au niveau de leurs économies, de leurs cultures et de leurs sociétés au fil du temps. Par contre les nations qui ne s’intéressent pas à leur jeunesse seront confrontées à la stagnation économique, à la pauvreté et à l’oppression. En deux mots, l’éducation est un élément non négligeable pour le développement économique et social.

Tout débat sur l’éducation doit débuter avec une vérité de base : toutes les nations doivent s’assurer que les conditions nécessaires sont réunies pour que les enfants naissent en bonne santé. Toutes les femmes enceintes doivent avoir accès à des soins prénatals de bonne qualité. L’Organisation mondiale de la Santé, la Marche des dix sous et une cinquantaine d’autres organisations ont publié un rapport en 2012 sur l’importance des soins prénatals pour la santé des nouveau-nés. Sans soins prénatals, de nombreux bébés vont mourir, et beaucoup naîtront avec des carences cognitives dues à des mauvais soins de santé et une mauvaise nutrition. Débuter dans la vie en bonne santé est essentiel pour toute l’éducation qui suit.

Si l’on veut répondre aux besoins des enfants de la planète, il va de soi – ou il devrait aller de soi – que tous les enfants doivent avoir accès à l’éducation, indépendamment de leur sexe, religion ou handicap. L’objectif le plus fondamental est l’accès à l’éducation primaire universelle ; une fois ce but atteint, il doit être suivi par l’accès universel à l’éducation secondaire. En même temps, les nations doivent s’assurer que les enseignants sont bien formés et compétents et que les structures physiques dans lesquelles ils enseignent sont solides, propices à l’intégration et bien entretenues.

Au-delà des nécessités de base relatives à l’accès universel, à la bonne formation des enseignants et à des structures physiques appropriées, on constate des disparités importantes au niveau international et des débats sont en cours sur la meilleure manière d’améliorer la scolarité.

Aujourd’hui, deux paradigmes sont en concurrence sur la manière de s’attaquer à cette question fondamentale. L’un s’attache à satisfaire les besoins des enfants et à s’assurer qu’ils ont les meilleures chances de développer leurs talents, leurs intérêts et leurs qualités humaines dans toute la mesure de leur potentiel. L’autre préconise les tests, les classements selon la réussite scolaire, la compétition et le choix.

“Les examens ne sont donc alors plus un moyen d’atteindre l’équité mais plutôt un moyen de mesurer les inégalités.”

La Finlande aujourd’hui est l’exemple parfait du premier paradigme. Ce pays s’efforce de fournir un bon enseignement dans l’ensemble du pays. Les enfants ne sont soumis à aucun test standard jusqu’à ce qu’ils achèvent l’école secondaire et fassent une demande d’admission à l’université. Les élèves ont le choix entre l’université ou un programme de formation professionnelle, et ils ont toujours le choix de passer d’un programme à l’autre. Le système d’éducation finlandais vise au développement complet de tous les enfants.

Les États-Unis, et beaucoup d’autres pays, poursuivent un programme de tests et de choix entre les écoles. Le système de tests normalisés vise à classer et évaluer les enfants, en prenant pour hypothèse le fait que la publication des résultats des examens encouragera les enseignants et les élèves à déployer davantage d’efforts pour obtenir de meilleurs résultats. Par ailleurs, le gouvernement fédéral demande aux écoles d’évaluer la qualité des enseignants compte tenu des résultats de leurs élèves aux examens. Ainsi, une attention encore plus grande est accordée aux examens normalisés en tant qu’instruments permettant de classer et d’évaluer non seulement les élèves, mais aussi les enseignants, les directeurs d’école et les écoles. La théorie qui sous-tend l’action est que la compétition produit les meilleurs résultats aux examens et les meilleures performances. On assume que les enseignants travailleront mieux si on leur offre des incitations ou sous la menace, et que les écoles feront tout leur possible pour obtenir les meilleurs résultats aux examens si elles risquent d’être fermées au cas où les résultats aux examens ne s’améliorent pas.

Aujourd’hui, nous savons quelle est la méthode qui a les meilleures chances de garantir l’équité pour les enfants.

La priorité accordée aux tests normalisés désavantage énormément les enfants de familles pauvres. L’expérience de tout un siècle d’examens normalisés a permis d’établir que ce système reproduit et reflète l’ordre social. Bien qu’il puisse arriver que des enfants de milieux pauvres obtiennent de très bons résultats aux examens grâce à une intelligence exceptionnelle, à force de travail ou les deux, les résultats des examens normalisés produiront invariablement une courbe en forme de cloche selon laquelle les enfants de familles pauvres sont surreprésentés dans la moitié inférieure des candidats aux examens tandis que les enfants aisés sont surreprésentés dans la moitié supérieure de la répartition. Les examens ne sont donc alors plus un moyen d’atteindre l’équité mais plutôt un moyen de mesurer les inégalités.

En 2001, le Congrès des États-Unis a présenté un projet de loi intitulé « No Child Left Behind » (NCLB) (Aucun enfant n’est laissé pour compte), qui a été adopté en janvier 2002. La théorie qui sous-tendait ce texte de loi était que de la troisième à la huitième année, les résultats aux examens annuels seraient meilleurs et qu’au bout du compte, tous les élèves allaient réussir à l’école. Donc, si la théorie était correcte, aucun enfant ne prendrait de retard. Selon cette loi, 100 % des enfants de la 3ème à la huitième année devaient obtenir la moyenne aux examens de mathématiques et de lecture en 2014.

La loi a échoué. Pas un seul des 50 États n’a atteint les 100 % de réussite. Beaucoup d’écoles ont restreint leur programme, éliminant l’art et d’autres matières, pour consacrer plus de temps à la préparation de ces examens. Des milliards de dollars littéralement ont été transféré de l’instruction à la préparation des examens. On attache plus d’importance à la préparation des examens normalisés que par le passé, mais rien ne prouve que les enfants sont plus instruits, savent mieux réfléchir, sont plus créatifs, ou mieux armés pour faire face aux vicissitudes de la vie. Bien sûr, il importe de noter qu’aucun des indicateurs d’une meilleure éducation, comme la créativité et la faculté de réfléchir, ne peut se mesurer par un examen normalisé. Cependant, un nouveau volet a été ajouté au NCLB, appelé « Race to the Top » (Course vers le sommet), qui s’appuie aussi sur les examens normalisés.

Une chose est claire : les examens normalisés n’ont en rien fait reculer les inégalités ou apporté une amélioration aux enfants et aux familles vivant dans le dénuement. Le revenu et le niveau d’éducation de la famille continuent à être les facteurs les plus sûrs pour prédire les résultats aux tests normalisés.

Une autre stratégie qui a la faveur du gouvernement fédéral est le choix de l’école. Le but est d’encourager davantage d’élèves à fréquenter des écoles financées par des fonds publics mais gérées par des entreprises privées (ce qu’on appelle les écoles sous contrat). Certains États ont appuyé le système des « bons » qui permettent à des élèves d’utiliser des fonds publics pour fréquenter des écoles privées religieuses.

Le choix de l’école est un euphémisme pour la privatisation. Il a été largement prouvé que la privatisation encourage la ségrégation liée au revenu, à l’origine ethnique, à la religion et à la classe sociale. Bien que les partisans des écoles sous contrat et des bons scolaires disent qu’ils recherchent l’équité, ce n’est pas le résultat généralement obtenu. Tandis que les écoles gérées par le secteur privé rivalisent avec les écoles publiques, elles ont tendance à aller chercher les élèves les plus capables dans les communautés les plus pauvres, alourdissant ainsi le fardeau des écoles publiques. Les écoles gérées par le secteur privé ont tendance à exclure les élèves souffrant de handicaps lourds et ceux dont la langue maternelle n’est pas l’anglais, et elles se réservent le droit d’exclure les élèves qui ne se conforment pas à leurs règles strictes. En fait, on crée ainsi un système scolaire à deux vitesses, financé dans les deux cas par le secteur privé mais étant régi par des règles très différentes. Le secteur privé peut choisir librement ses élèves, tandis que le secteur public doit accepter tout le monde, même les élèves renvoyés du secteur privé.

Le chemin à suivre pour améliorer la vie des enfants est bien tracé. Les enfants ont besoin d’une bonne santé et d’une bonne nutrition. Ils doivent pouvoir fréquenter des écoles dotées d’enseignants qualifiés et l’état physique des écoles doit être propice à un enseignement et un apprentissage dans des conditions optimales. Ils ont besoin de suivre un programme scolaire qui comprenne des matières variées : arts, sciences, mathématiques, histoire, instruction civique, littérature, langues étrangères et éducation physique.

L’éducation doit être considérée comme une responsabilité publique et non pas comme un creuset pour les entrepreneurs. Tout comme le gouvernement est responsable de la sûreté publique et de la protection de l’air et de l’eau, il lui incombe de garantir une instruction solide à tous les enfants. Les gouvernements ont pour tâche de fournir une instruction publique, de la protéger et de la financer, tout en s’efforçant d’améliorer les conditions de vie des familles et de faire reculer la pauvreté. Il n’y a pas d’autre manière de garantir l’équité pour les enfants et dans les sociétés.